Le scorbut est-il de retour dans les pays industrialisés ?

Une
maladie ancienne révélatrice de vulnérabilités nutritionnelles très
modernes

Version éditoriale : 1.0 — 4 août 2026
Niveau de lecture : professionnels de santé et grand public
averti

Périmètre documentaire : publications humaines, pays à revenu
élevé, littérature recherchée jusqu’au 4 août 2026


Résumé

Le scorbut évoque spontanément les grandes traversées maritimes, les
équipages privés de fruits frais et une maladie supposée appartenir au
passé. Pourtant, des cas continuent d’être publiés en France, aux
États-Unis, au Canada, en Australie et dans plusieurs autres pays à
revenu élevé. Deux études médico-administratives récentes suggèrent même
une augmentation des diagnostics hospitaliers chez l’enfant.

En France, une analyse nationale du Programme de médicalisation des
systèmes d’information (PMSI) a identifié 888 enfants hospitalisés avec
un diagnostic principal de scorbut entre janvier 2015 et novembre 2023.
Après mars 2020, l’incidence hospitalière estimée a augmenté de 34,5 %,
parallèlement à une progression de la malnutrition sévère. Aux
États-Unis, une analyse d’environ 19,4 millions d’hospitalisations
pédiatriques a rapporté une augmentation de 8,2 à 26,7 diagnostics de
scorbut pour 100 000 hospitalisations entre 2016 et 2020. Ces résultats
ne démontrent cependant pas une hausse équivalente dans la population
générale : ils reposent sur des codes diagnostiques, concernent les
seuls patients hospitalisés et ne permettent pas toujours de vérifier
les critères cliniques et biologiques.

La littérature contemporaine dessine surtout des groupes à risque
bien identifiables : enfants ayant un trouble du neurodéveloppement et
une sélectivité alimentaire sévère ; personnes souffrant d’un trouble
évitant/restrictif de l’ingestion d’aliments ; sujets âgés isolés ;
personnes en situation de précarité ou d’insécurité alimentaire ;
alcoolodépendance ; troubles psychiatriques ; cancers ; malabsorption ;
chirurgie bariatrique ; dialyse et régimes extrêmement monotones.
L’obésité ne protège pas : un apport énergétique élevé peut coexister
avec une carence profonde en micronutriments.

Il faut distinguer trois situations souvent confondues : un apport
alimentaire inférieur aux recommandations, une concentration sanguine
basse de vitamine C et le scorbut clinique. La carence biologique est
relativement fréquente dans certaines populations hospitalières, mais
seule une fraction développe le syndrome clinique caractérisé par une
fragilité capillaire, des hémorragies périfolliculaires, des ecchymoses,
une atteinte gingivale, une mauvaise cicatrisation et, particulièrement
chez l’enfant, des douleurs osseuses, des hématomes sous-périostés et un
refus de marcher.

Le diagnostic repose sur la convergence d’une histoire alimentaire
compatible, de signes cliniques évocateurs, d’une concentration
plasmatique ou sérique très basse lorsque le prélèvement est
correctement réalisé et d’une réponse rapide à la vitamine C. Le
traitement est simple et généralement très efficace, mais il ne doit pas
faire oublier la recherche de la cause, des autres carences associées et
d’une éventuelle vulnérabilité sociale ou neuropsychiatrique.

Conclusion générale : le scorbut n’est pas redevenu
une maladie fréquente dans l’ensemble des pays industrialisés. En
revanche, sa persistance — et probablement son augmentation dans
certains sous-groupes — est bien documentée. Il fonctionne aujourd’hui
comme un marqueur clinique de malnutrition cachée, de régimes
restrictifs et d’inégalités sociales au sein de sociétés où la
nourriture est globalement abondante.


À retenir

  • Établi : des cas de scorbut surviennent encore dans
    les pays à revenu élevé.
  • Établi : la carence biologique en vitamine C est
    beaucoup plus fréquente que le scorbut clinique.
  • Établi : les régimes très restrictifs, les troubles
    du neurodéveloppement, l’alcoolodépendance, la dénutrition, la
    malabsorption et l’isolement constituent des situations à risque.
  • Probable : les hospitalisations pédiatriques pour
    scorbut ont augmenté récemment en France et aux États-Unis.
  • Émergent : l’insécurité alimentaire et l’inflation
    pourraient contribuer à cette évolution, en interaction avec des
    facteurs médicaux et comportementaux.
  • Non démontré : les données disponibles ne
    permettent pas d’affirmer l’existence d’une épidémie de scorbut dans la
    population générale des pays industrialisés.

1. Une
maladie ancienne, mais un mécanisme toujours actuel

1.1.
Pourquoi l’être humain dépend-il de son alimentation ?

La plupart des mammifères synthétisent l’acide ascorbique à partir du
glucose. L’être humain, comme les autres primates anthropoïdes, a perdu
cette capacité au cours de l’évolution en raison de l’inactivation du
gène codant la L-gulonolactone oxydase. La vitamine C est donc un
nutriment essentiel : elle doit être fournie régulièrement par
l’alimentation [8,9].

Les réserves corporelles sont limitées. Lorsqu’un régime apporte très
peu de vitamine C — classiquement moins de 10 mg par jour — les
concentrations circulantes diminuent rapidement, puis les réserves
tissulaires s’épuisent. Selon la HAS et les études historiques de
déplétion, un tableau clinique peut apparaître après environ un à trois
mois de carence profonde, avec une variabilité liée aux réserves
initiales, au tabagisme, à l’inflammation, aux besoins métaboliques et
aux pertes [10,11].

Cette chronologie explique pourquoi le scorbut contemporain survient
rarement après quelques jours d’alimentation déséquilibrée. Il apparaît
plutôt lorsqu’une restriction sévère devient durable : enfant ne
consommant qu’un nombre très limité d’aliments, personne âgée vivant de
pain et de boissons chaudes, alcoolodépendance avec alimentation
marginale, trouble psychiatrique, grande précarité ou maladie
compromettant l’absorption et les apports.

1.2. Du
défaut de vitamine C à la fragilité des tissus

La vitamine C est notamment un cofacteur des prolyl- et
lysyl-hydroxylases, enzymes indispensables à la maturation et à la
stabilité du collagène. Lorsque l’acide ascorbique manque, les tissus
conjonctifs deviennent fragiles. Les petits vaisseaux saignent plus
facilement, les gencives s’altèrent, les plaies cicatrisent moins bien
et la matrice osseuse est perturbée [8,12].

Cette seule atteinte du collagène explique une grande partie du
tableau clinique :

  • pétéchies et purpura, souvent centrés sur les follicules pileux
    ;
  • ecchymoses spontanées ;
  • poils en « tire-bouchon » ;
  • gonflement et saignement gingival lorsque des dents sont présentes
    ;
  • mauvaise cicatrisation et réouverture d’anciennes plaies ;
  • hémorragies musculaires ou sous-périostées ;
  • douleurs osseuses et troubles de la marche chez l’enfant.

La vitamine C intervient également dans la synthèse de la carnitine,
de certaines catécholamines, dans l’absorption du fer non héminique et
dans plusieurs fonctions antioxydantes. La fatigue, la faiblesse,
l’anémie et certains symptômes neuropsychiques pourraient donc résulter
de mécanismes multiples. Ces fonctions biologiques sont établies ; leur
contribution quantitative à chaque manifestation clinique du scorbut
reste toutefois moins précisément définie.


2.
Carence en vitamine C et scorbut : une distinction essentielle

Les expressions « manque de vitamine C », « hypovitaminose C », «
carence » et « scorbut » sont parfois utilisées comme des synonymes.
Elles ne décrivent pourtant pas le même état.

Situation Définition pratique Signification clinique
Apport insuffisant Consommation inférieure aux références nutritionnelles Facteur de risque, sans preuve automatique d’épuisement des
réserves
Hypovitaminose C Concentration circulante basse mais au-dessus du seuil de carence
profonde, seuil variable selon les études
Réserves réduites ; symptômes souvent absents ou non
spécifiques
Carence biologique Souvent définie par une concentration plasmatique ou sérique
inférieure à environ 11 µmol/L
Forte probabilité de réserves très basses, mais scorbut clinique non
systématique
Scorbut clinique Syndrome compatible associant exposition, manifestations
caractéristiques, biologie et/ou réponse au traitement
Forme clinique sévère et prolongée de la carence

Cette distinction modifie radicalement l’interprétation des chiffres.
Une prévalence de 7 % de carence biologique ne signifie pas que 7 % de
la population souffre de scorbut. Inversement, le scorbut peut être
sous-diagnostiqué parce que ses manifestations imitent des maladies
hématologiques, rhumatologiques, dermatologiques, infectieuses ou
malignes.

La revue mondiale de Rowe et Carr montre que la carence biologique
n’est pas exceptionnelle dans les pays riches. Selon les enquêtes, elle
concernait approximativement 1,4 % d’une grande cohorte britannique et
autour de 7–8 % des adultes dans certaines enquêtes américaines, avec
des variations importantes selon le seuil, le prélèvement, le tabagisme,
le niveau socio-économique et la période étudiée [6,7]. Ces estimations
ne sont ni directement comparables ni transposables à la France
actuelle.


3.
Que montrent réellement les études dans les pays industrialisés ?

3.1.
France : 888 hospitalisations pédiatriques en neuf ans

L’étude française publiée dans The Lancet Regional Health –
Europe
constitue l’un des signaux les plus importants. Les auteurs
ont interrogé la base nationale du PMSI afin d’identifier les enfants de
moins de 18 ans hospitalisés avec un diagnostic de scorbut entre janvier
2015 et novembre 2023 [1].

Au total, 888 enfants ont été identifiés. Leur âge
médian était de 11 ans et 48,5 % étaient des garçons. Une analyse en
série temporelle interrompue a estimé qu’après le début de la pandémie
de Covid-19, l’incidence cumulée des hospitalisations pour scorbut avait
augmenté de 34,5 % (intervalle de confiance à 95 % :
12,7 à 56,3 ; p = 0,002). Les hospitalisations pour malnutrition sévère
augmentaient parallèlement de 20,3 %. La progression du
scorbut était corrélée à celle de l’indice des prix à la consommation
[1,13].

Cette étude possède plusieurs forces : couverture nationale, période
de neuf ans, analyse mensuelle, utilisation de diagnostics contrôles et
cohérence temporelle avec la progression de la malnutrition sévère. Elle
constitue donc un signal de santé publique difficile à ignorer.

Elle ne prouve cependant pas que chacun des 888 enfants présentait un
scorbut confirmé par un dosage correctement prélevé. Le PMSI contient
des codes diagnostiques, mais pas le détail du régime alimentaire, des
signes physiques, de l’imagerie ou du dosage de vitamine C. Une
correspondance publiée en 2025 a précisément soulevé le risque de
confusion entre carence asymptomatique et scorbut clinique [14]. Dans
leur réponse, les auteurs ont rappelé qu’ils avaient retenu le code E54
comme diagnostic principal, c’est-à-dire comme motif majeur
d’hospitalisation, et que le PMSI faisait l’objet de contrôles de
qualité [15].

La lecture la plus rigoureuse est donc la suivante : la
France connaît une augmentation documentée des hospitalisations
pédiatriques codées pour scorbut
, mais l’ampleur exacte de
l’augmentation des cas cliniquement et biologiquement confirmés demeure
incertaine.

3.2.
États-Unis : une hausse parmi les enfants hospitalisés

Une étude américaine publiée en 2024 a analysé la National Inpatient
Sample entre 2016 et 2020, soit environ 19,4 millions d’hospitalisations
pédiatriques [2]. L’incidence des diagnostics de scorbut est passée de
8,2 pour 100 000 hospitalisations en 2016 à 26,7 pour 100 000 en
2020
.

Les enfants concernés étaient plus souvent jeunes, de sexe masculin,
issus du quartile de revenu le plus faible et obèses. Surtout,
64,2 % avaient un diagnostic associé de trouble du spectre de
l’autisme
. Les manifestations musculosquelettiques comprenaient
difficultés à marcher, douleurs du genou et déformations des membres
inférieurs [2].

L’association entre autisme et scorbut ne signifie évidemment pas que
l’autisme provoque une carence en vitamine C. Elle reflète
vraisemblablement la fréquence plus élevée, chez une fraction des
enfants concernés, d’une hypersensibilité sensorielle, d’une rigidité
comportementale et d’une sélectivité alimentaire pouvant exclure
durablement les fruits, les légumes et les aliments enrichis. Le risque
paraît surtout concentré chez les enfants dont le répertoire alimentaire
est extrêmement restreint.

Comme l’étude française, l’analyse américaine porte sur les
hospitalisations et dépend du codage. Elle ne fournit pas une incidence
dans l’ensemble de la population pédiatrique. Le passage de 8,2 à 26,7
pour 100 000 est donc un signal hospitalier, non une estimation du
risque annuel pour un enfant américain.

3.3.
Une revue systématique contemporaine de 147 patients

Une revue systématique et méta-analyse publiée en juillet 2026 a
recherché les cas confirmés dans les pays à revenu élevé entre 2012 et
2025 [3]. Vingt-cinq publications représentant 147 patients ont été
incluses.

Les cas se regroupaient principalement autour de quatre profils :

  1. troubles du neurodéveloppement et sélectivité alimentaire ;
  2. régimes restrictifs ou troubles du comportement alimentaire ;
  3. maladies médicales complexes ;
  4. vulnérabilités psychosociales.

Les patients présentaient en moyenne 2,29 systèmes atteints,
soulignant le caractère multisystémique et trompeur de la maladie. Les
manifestations musculosquelettiques étaient les plus fréquentes. L’âge
était le seul modérateur significatif identifié, avec davantage
d’atteintes musculosquelettiques chez les sujets les plus jeunes
[3].

Cette synthèse confirme la persistance du scorbut dans au moins
quinze pays à revenu élevé. Elle ne permet pas, en revanche, de calculer
une prévalence fiable dans la population générale. La majorité des
données provient de cas isolés et de petites séries, exposés à un biais
de publication : les formes spectaculaires, atypiques ou sévères sont
plus susceptibles d’être décrites.

3.4.
Chez l’adulte : une maladie probablement sous-reconnue

Une revue publiée en 2026 a recensé 280 cas adultes rapportés
entre 2000 et 2025
[4]. Les lésions cutanées — purpura,
hémorragies périfolliculaires et poils en tire-bouchon — dominaient,
mais les tableaux incluaient également atteintes gingivales, anémie,
douleurs, faiblesse et manifestations systémiques. Le diagnostic était
fréquemment retardé parce que le scorbut imitait une vascularite, une
coagulopathie, une infection, une pathologie auto-immune ou une maladie
hématologique.

Cette compilation indique que le scorbut adulte n’est pas limité à
quelques anecdotes historiques. Elle reste toutefois incapable de
quantifier son incidence : le nombre de cas publiés dépend de la
propension des cliniciens à reconnaître, rédiger et publier une
observation.

3.5.
À l’hôpital, la carence biologique est beaucoup plus fréquente

Une revue de portée publiée en 2024 a réuni 22 études conduites chez
2 494 adultes hospitalisés dans des pays à revenu élevé [5]. La
prévalence cumulée de la carence biologique en vitamine C atteignait
27,7 % (IC95 % : 21,3–34,0). Les fréquences les plus
élevées concernaient notamment les patients atteints de choc septique,
d’infection aiguë, de cancer avec dénutrition ou d’ulcère du pied
diabétique.

Ce chiffre ne doit pas être extrapolé à tous les patients
hospitalisés. Les études incluaient souvent des populations
sélectionnées, les méthodes de dosage variaient et l’inflammation aiguë
peut accélérer la consommation de vitamine C ou modifier son
interprétation. Parmi les rares études recherchant explicitement les
signes de scorbut, leur prévalence variait de 0 à 12 % dans les
groupes étudiés
. Chez les seuls patients biologiquement
carencés, 48 à 62 % présentaient des signes compatibles, mais ce
résultat ne reposait que sur 71 personnes [5].

Dans une unité gériatrique australienne, une étude transversale de
160 patients hospitalisés, âgés en moyenne de 84 ans, avait trouvé une
carence biologique chez 26,3 % d’entre eux. Celle-ci était associée à
davantage de troubles cognitifs, sans que le plan transversal puisse
établir le sens de la causalité [17]. Des travaux français antérieurs
avaient également documenté des cas de scorbut chez des personnes âgées
hospitalisées et souligné la difficulté du diagnostic dans cette
population [16].


4. Réémergence
réelle ou meilleur repérage ?

La question centrale n’est pas de savoir si des cas existent — ce
point est établi — mais si le scorbut augmente réellement.

Plusieurs phénomènes peuvent agir simultanément :

4.1. Une
augmentation réelle dans certains groupes

L’insécurité alimentaire, la hausse du coût des aliments, l’isolement
social et les difficultés d’accès aux soins peuvent réduire la diversité
alimentaire. Les données françaises montrent une rupture de tendance
commune au scorbut et à la malnutrition sévère après 2020. Cette
cohérence rend plausible une contribution de la dégradation
socio-économique [1,13].

Chez l’enfant, la reconnaissance croissante du trouble
évitant/restrictif de l’ingestion d’aliments et l’augmentation des
consultations pour sélectivité sévère pourraient également révéler une
population jusque-là insuffisamment identifiée. Les troubles sensoriels
ne sont pas nouveaux, mais leur combinaison avec un répertoire
alimentaire très étroit, des difficultés familiales et un accès
insuffisant à une prise en charge nutritionnelle peut conduire à des
carences graves.

4.2. Une
amélioration du diagnostic et du codage

La multiplication des publications, des formations et des alertes
sensibilise les pédiatres, dermatologues, rhumatologues, radiologues et
urgentistes. Un scorbut autrefois classé comme purpura inexpliqué,
douleur fonctionnelle ou ostéomyélite suspectée peut aujourd’hui être
reconnu et codé correctement.

Les changements de codage peuvent donc produire une hausse apparente
même si l’incidence réelle évolue moins fortement. Les bases
hospitalières ne permettent pas de séparer entièrement ces deux
mécanismes.

4.3. Un biais de publication

Le caractère contre-intuitif d’un scorbut dans un pays riche rend le
cas publiable. Les observations spectaculaires sont surreprésentées,
tandis que les formes modérées reconnues et traitées en consultation ne
font généralement pas l’objet d’un article. Une accumulation de cas
publiés ne constitue donc pas, à elle seule, une preuve de réémergence
épidémiologique.

4.4. Conclusion intermédiaire

L’hypothèse la mieux soutenue est celle d’une augmentation
réelle mais concentrée
, amplifiée par une meilleure
reconnaissance. Les données ne soutiennent pas l’idée d’un retour massif
du scorbut dans toute la population.


5. Qui développe
aujourd’hui un scorbut ?

5.1. Enfants
avec sélectivité alimentaire sévère

Les enfants autistes ou présentant un autre trouble du
neurodéveloppement forment le groupe le plus visible dans la littérature
pédiatrique récente [2,3,18]. Le facteur déterminant n’est pas le
diagnostic neurodéveloppemental en lui-même, mais l’exclusion durable de
presque toutes les sources de vitamine C.

Un enfant peut recevoir suffisamment de calories grâce à quelques
aliments très énergétiques et conserver un indice de masse corporelle
normal, voire élevé. L’absence de maigreur ne doit donc pas rassurer.
Dans la revue pédiatrique de Trapani et collaborateurs, des enfants
présentant un état nutritionnel apparemment normal étaient décrits, et
les anomalies inflammatoires ou l’anémie orientaient parfois à tort vers
une maladie auto-immune, infectieuse ou maligne [18].

5.2. Précarité et
insécurité alimentaire

Le scorbut contemporain illustre la différence entre disponibilité
théorique et accessibilité réelle. La présence de fruits et légumes dans
les supermarchés ne garantit ni leur accessibilité financière, ni leur
acceptabilité sensorielle, ni la possibilité de les conserver et de les
préparer.

L’étude française suggère un lien temporel avec l’inflation, mais une
corrélation écologique ne prouve pas que l’augmentation des prix a causé
chaque cas [1]. Les données individuelles sur le revenu, le contenu
précis de l’alimentation et les aides reçues n’étaient pas disponibles.
La précarité doit donc être considérée comme un déterminant plausible et
documenté de la malnutrition, non comme une explication unique.

5.3. Isolement,
vieillissement et perte d’autonomie

Chez la personne âgée, la perte d’appétit, les troubles dentaires, la
dysphagie, les difficultés à faire les courses, la dépendance, le deuil
ou la dépression peuvent aboutir à une alimentation monotone. Le régime
dit « thé et tartines » en constitue l’archétype. Le risque augmente
lorsque la consommation de fruits et légumes devient presque nulle
pendant plusieurs semaines.

5.4. Alcool, tabac
et troubles psychiatriques

L’alcoolodépendance combine souvent apports insuffisants,
désorganisation des repas, précarité et autres carences. Le tabagisme
est associé à des concentrations plus basses, notamment par augmentation
du stress oxydant et des besoins. Dans la revue des patients
hospitalisés, l’association d’un usage excessif d’alcool et de tabac
constituait un facteur indépendant de carence dans l’une des rares
études multivariées disponibles [5].

Dépression sévère, psychose, anxiété alimentaire, anorexie mentale,
phobies et trouble évitant/restrictif de l’ingestion peuvent également
réduire radicalement la variété des aliments. Dans ces situations,
prescrire de la vitamine C corrige la conséquence biologique mais pas la
cause comportementale ou sociale.

5.5.
Malabsorption, dialyse et chirurgie digestive

Maladies inflammatoires intestinales, maladie cœliaque,
mucoviscidose, vomissements prolongés, chirurgie bariatrique et autres
affections digestives peuvent diminuer les apports ou l’absorption. La
dialyse peut accroître les pertes de vitamines hydrosolubles. Les
patients atteints de cancer cumulent parfois anorexie, nausées,
inflammation et régimes thérapeutiques restrictifs.

Dans ces contextes, le scorbut peut coexister avec des carences en
fer, folates, vitamine B12, vitamine D, zinc ou cuivre. Une approche
limitée au seul acide ascorbique risque donc de manquer une dénutrition
plus globale.


6. Comment
reconnaître le scorbut contemporain ?

6.1. Une phase initiale
peu spécifique

Les premières manifestations — fatigue, irritabilité, perte
d’appétit, douleurs diffuses, faiblesse — sont banales. Elles peuvent
précéder les signes plus caractéristiques de plusieurs semaines. À ce
stade, le diagnostic repose surtout sur l’identification d’une
alimentation dépourvue de sources de vitamine C.

6.2. Les signes cutanés et
gingivaux

L’association de pétéchies périfolliculaires, d’ecchymoses spontanées
et de poils en tire-bouchon est très évocatrice. Les lésions prédominent
souvent sur les membres inférieurs, où la pression hydrostatique
favorise les extravasations. Une atteinte gingivale hypertrophique et
hémorragique est classique, mais elle peut manquer chez les jeunes
enfants sans dents ou chez les personnes édentées [4,12,19].

L’examen sur peau foncée mérite une attention particulière :
l’érythème et les changements de couleur peuvent être moins visibles. La
palpation, l’examen des follicules, des gencives et la recherche
d’ecchymoses gardent toute leur importance.

6.3. Chez
l’enfant, une présentation souvent orthopédique

Douleurs intenses des jambes, boiterie, refus de marcher, posture
antalgique, gonflement d’un membre et hématomes sous-périostés peuvent
dominer. L’imagerie peut montrer une ostéopénie, une ligne métaphysaire
dense dite ligne blanche de Fraenkel, un anneau épiphysaire dense, des
zones métaphysaires de raréfaction et des décollements périostés
[18,20].

Ces anomalies peuvent imiter une ostéomyélite, une leucémie, une
tumeur osseuse, une arthrite inflammatoire ou une maltraitance.
Plusieurs cas publiés rapportent des explorations invasives, voire une
intervention chirurgicale, avant que le diagnostic nutritionnel ne soit
posé [20].

6.4. Anémie et
manifestations systémiques

L’anémie est fréquente mais multifactorielle : saignement,
inflammation, carence martiale associée et réduction de l’absorption du
fer peuvent se combiner. Des œdèmes, une dyspnée, une mauvaise
cicatrisation et, dans les formes très avancées, des hémorragies sévères
ou une atteinte cardiaque ont été décrits. Ces complications restent
exceptionnelles dans les pays industrialisés lorsque le diagnostic est
posé.


7.
Diagnostic : ni dosage isolé, ni simple intuition clinique

7.1. Commencer par
l’histoire alimentaire

La question la plus utile est souvent concrète : « Qu’avez-vous
réellement mangé et bu au cours des deux ou trois derniers mois ? » Une
enquête détaillée est plus informative qu’une question générale sur une
alimentation « équilibrée ».

Chez l’enfant, il faut inventorier les aliments acceptés, les
marques, les éventuels produits enrichis, les quantités, les changements
récents et les stratégies familiales. Chez l’adulte, l’entretien doit
explorer isolement, alcool, tabac, difficultés financières, troubles
digestifs, chirurgie, dialyse, santé bucco-dentaire et troubles
psychiatriques.

7.2. Quelle place pour
le dosage sanguin ?

La HAS considère le dosage de vitamine C comme utile lorsqu’un
scorbut est cliniquement suspecté, mais pas comme un examen systématique
de dépistage dans des situations non évocatrices [10]. La concentration
plasmatique ou sérique reflète surtout les apports récents. Elle peut
remonter après un repas ou une supplémentation avant même la
restauration complète des réserves tissulaires.

Le prélèvement est techniquement fragile : l’acide ascorbique s’oxyde
rapidement sous l’effet de la lumière, de la chaleur et d’un délai de
traitement. Le tube doit être protégé, refroidi et traité selon les
exigences du laboratoire. Une mauvaise manipulation peut produire une
valeur artificiellement basse [5,10].

Un seuil inférieur à environ 11 µmol/L est fréquemment retenu pour
une carence profonde, mais les seuils diffèrent selon les publications
et les matrices analysées. Le résultat doit être interprété avec le
contexte clinique, l’inflammation et la prise récente de vitamine C.

7.3. La réponse au traitement

Une amélioration rapide après supplémentation renforce fortement le
diagnostic. Fatigue, douleur et appétit peuvent s’améliorer en quelques
jours ; les lésions cutanées et gingivales régressent ensuite ; la
restauration osseuse et la disparition de certains signes radiologiques
prennent davantage de temps [12,19].

Cette réponse ne doit toutefois pas remplacer l’évaluation initiale
lorsque des diagnostics graves sont possibles. Un purpura fébrile, une
hémorragie importante, une altération neurologique ou une douleur
osseuse inquiétante nécessite une évaluation urgente selon le
contexte.

7.4. Diagnostics
différentiels

Selon la présentation, il faut notamment envisager :

  • vascularite, thrombopénie ou trouble de la coagulation ;
  • leucémie ou autre hémopathie ;
  • infection, endocardite ou ostéomyélite ;
  • maladie inflammatoire ou auto-immune ;
  • syndrome d’Ehlers-Danlos ou autre fragilité conjonctive ;
  • maltraitance chez l’enfant ;
  • effet médicamenteux ;
  • autres carences nutritionnelles.

Le scorbut peut aussi coexister avec l’une de ces affections. Une
vitamine C basse ne doit donc pas automatiquement clore le raisonnement
diagnostique.


8. Traitement et prévention

8.1.
Une efficacité clinique évidente, mais des protocoles peu
standardisés

Il n’existe pas d’essais randomisés modernes définissant une dose
optimale pour traiter le scorbut. Les schémas publiés varient selon
l’âge, la gravité et la possibilité d’une administration orale. Des
doses allant de 100 à 1 000 mg par jour sont couramment utilisées ;
certaines observations historiques ou formes sévères emploient
initialement 1 à 2 g par jour pendant quelques jours [12,19,21].

L’élément important n’est pas la recherche d’une « mégadose », mais
l’administration rapide d’une quantité suffisante, la reprise durable de
sources alimentaires et le traitement de la cause. L’absorption
intestinale devient proportionnellement moins efficace aux doses élevées
et l’excès est largement éliminé dans les urines [8].

Chez un enfant, une personne enceinte, un patient insuffisant rénal,
atteint d’hémochromatose ou présentant une situation médicale complexe,
le schéma doit être adapté par un professionnel. Les fortes doses
prolongées ne sont pas anodines : elles peuvent notamment augmenter
l’oxalurie et le risque lithiasique chez certains sujets.

8.2. Rechercher les
carences associées

Une alimentation assez restrictive pour provoquer un scorbut expose
rarement à un déficit isolé. Le bilan clinique et biologique doit être
orienté par le contexte : hémogramme, statut martial, folates, vitamine
B12, vitamine D, calcium, zinc ou autres éléments selon les apports et
les symptômes.

La renutrition d’une personne profondément dénutrie nécessite
également d’évaluer le risque de syndrome de renutrition inappropriée.
Le traitement du scorbut est simple ; celui de la malnutrition
sous-jacente peut être complexe.

8.3.
Prévenir sans médicaliser toute alimentation imparfaite

Quelques portions régulières de fruits ou de légumes suffisent
largement à prévenir le scorbut. Les produits surgelés, certains
aliments en conserve et les aliments enrichis peuvent aussi fournir de
la vitamine C ; l’absence de produit « frais » n’implique donc pas
automatiquement une carence. En revanche, les cuissons prolongées et le
maintien au chaud diminuent la teneur en acide ascorbique.

La prévention ciblée devrait se concentrer sur les personnes dont
l’alimentation exclut presque entièrement ces sources pendant plusieurs
semaines, plutôt que sur un dépistage biologique indiscriminé de la
population.


9.
Ce que le retour du scorbut dit de nos systèmes alimentaires

Le scorbut contemporain est un paradoxe seulement en apparence. Les
pays industrialisés peuvent simultanément produire un excès de calories
bon marché et laisser persister des carences en micronutriments. Une
alimentation composée de produits très énergétiques mais peu diversifiés
peut conduire à l’obésité tout en étant pauvre en vitamine C, en fer, en
folates ou en fibres.

La maladie met aussi en évidence les limites d’un message
exclusivement comportemental. Dire « mangez des fruits et légumes » ne
résout pas une hypersensibilité sensorielle sévère, un trouble de
l’ingestion, une dépression, une perte d’autonomie, une addiction ou
l’impossibilité financière d’acheter une alimentation diversifiée.

Les interventions pertinentes sont donc multidimensionnelles :

  • repérage de la sélectivité alimentaire en pédiatrie et en
    psychiatrie ;
  • accès précoce à une évaluation diététique et, si nécessaire, à une
    prise en charge des troubles de l’oralité ;
  • formation des médecins, dentistes, infirmiers et radiologues ;
  • dépistage nutritionnel des patients hospitalisés à risque ;
  • aides alimentaires intégrant la densité nutritionnelle et
    l’acceptabilité, pas seulement les calories ;
  • accompagnement social des personnes isolées ou dépendantes ;
  • surveillance épidémiologique utilisant des définitions de cas
    validées.

Pour progresser, les futures études françaises devraient relier les
codes PMSI aux dossiers cliniques : signes objectifs, dosage et
conditions préanalytiques, histoire alimentaire, imagerie, traitement et
évolution. Un registre multicentrique utilisant une définition
standardisée permettrait de distinguer plus sûrement scorbut clinique et
carence biologique.


10. Niveau de
preuve des principales conclusions

Conclusion Qualification NutriCellScience Niveau de preuve Justification
Le scorbut persiste dans les pays industrialisés Établie A/C Revue systématique, séries et nombreuses observations
convergentes
La carence biologique est plus fréquente que le scorbut
clinique
Établie A/C Enquêtes populationnelles et revue de patients hospitalisés
Les régimes très restrictifs et les troubles neurodéveloppementaux
constituent des facteurs majeurs en pédiatrie
Établie A/C Revue pédiatrique, revue systématique et étude hospitalière
américaine
Les hospitalisations pédiatriques codées pour scorbut ont augmenté
en France après 2020
Probable C Série temporelle nationale, mais dépendance au codage et absence de
validation clinique individuelle
L’inflation et l’insécurité alimentaire expliquent une partie de
cette augmentation
Émergente C/E Corrélation temporelle plausible, sans données causales
individuelles
Le scorbut augmente dans toute la population des pays
industrialisés
Non démontrée Absence de surveillance populationnelle standardisée
Un dépistage biologique universel serait bénéfique Non démontrée Absence d’essai et limites du biomarqueur ; la HAS privilégie le
dosage ciblé

Lecture des niveaux

  • Niveau A : revue systématique ou méta-analyse
    pertinente ;
  • Niveau B : essai contrôlé randomisé ;
  • Niveau C : cohorte, étude transversale, série
    temporelle ou étude médico-administrative ;
  • Niveau D : données mécanistiques ou expérimentales
    ;
  • Niveau E : avis d’experts, recommandations ou cas
    cliniques isolés.

Pour l’épidémiologie du scorbut, l’absence de niveau B est normale :
on ne randomise pas une exposition à une carence. La solidité dépend
surtout de la qualité des définitions de cas, du dénominateur et de la
validation clinique.


11. Limites et incertitudes

  1. Hétérogénéité des définitions. Certaines études
    utilisent un code diagnostique, d’autres un seuil sanguin, d’autres
    encore un tableau clinique et une réponse thérapeutique.
  2. Confusion entre carence et maladie. Une
    concentration basse n’équivaut pas automatiquement à un scorbut
    symptomatique.
  3. Fragilité du dosage. Les conditions préanalytiques
    et les apports récents influencent fortement le résultat.
  4. Biais de sélection hospitalier. Les études
    nationales française et américaine concernent des patients hospitalisés,
    donc les formes les plus sévères ou complexes.
  5. Biais de publication. Les cas inhabituels sont plus
    volontiers publiés.
  6. Données françaises adultes insuffisantes. Aucune
    estimation récente, nationale et cliniquement validée de l’incidence
    adulte n’a été identifiée.
  7. Causalité sociale non démontrée. La relation avec
    l’inflation est cohérente mais écologique.
  8. Protocoles thérapeutiques variables. L’efficacité
    de la vitamine C est évidente, mais la dose minimale optimale et la
    durée ne reposent pas sur des essais comparatifs modernes.

12. Conclusion

Le scorbut n’est ni un simple vestige de l’histoire médicale ni une
nouvelle épidémie généralisée. Les preuves disponibles imposent une
position plus nuancée.

La persistance de cas dans les pays industrialisés est établie. Deux
grandes analyses hospitalières montrent une progression récente chez
l’enfant, notamment en France. Les cas se concentrent dans des
populations caractérisées par une alimentation extrêmement restrictive,
un trouble neurodéveloppemental, une vulnérabilité psychiatrique, une
maladie chronique, une dépendance ou une précarité sociale.

Le message clinique est simple : devant un purpura périfolliculaire,
des ecchymoses, des gencives hémorragiques, une mauvaise cicatrisation
ou des douleurs des membres avec refus de marcher, l’histoire
alimentaire doit faire partie du bilan. Un diagnostic précoce évite des
examens invasifs et conduit généralement à une amélioration rapide.

Le message de santé publique est plus profond. Dans une société
d’abondance calorique, une maladie carentielle peut réapparaître lorsque
la diversité alimentaire devient inaccessible — financièrement,
sensoriellement, psychologiquement ou médicalement. Le scorbut
contemporain est ainsi moins le retour d’une maladie du passé que le
révélateur de vulnérabilités très actuelles.


FAQ

Le scorbut existe-t-il
encore en France ?

Oui. Une étude nationale a identifié 888 hospitalisations
pédiatriques codées pour scorbut entre 2015 et 2023. La maladie reste
rare, et le nombre exact de cas cliniquement confirmés est incertain en
raison des limites du PMSI.

Peut-on
avoir le scorbut tout en étant en surpoids ou obèse ?

Oui. Le poids renseigne mal sur les micronutriments. Une alimentation
très calorique mais presque dépourvue de fruits, de légumes ou
d’aliments enrichis peut provoquer une carence profonde en vitamine
C.

Combien de
temps faut-il pour développer un scorbut ?

En cas d’apport presque nul, les signes peuvent apparaître après
environ un à trois mois. Le délai varie selon les réserves initiales,
l’état inflammatoire, le tabagisme et les besoins individuels.

Quels signes doivent y
faire penser ?

Pétéchies autour des poils, ecchymoses inexpliquées, poils en
tire-bouchon, saignements gingivaux, mauvaise cicatrisation, fatigue et
anémie. Chez l’enfant, des douleurs des jambes, une boiterie ou un refus
de marcher peuvent dominer.

Un
dosage bas suffit-il pour diagnostiquer le scorbut ?

Non. Il doit être interprété avec les symptômes, l’histoire
alimentaire, les conditions du prélèvement et la réponse au traitement.
Une carence biologique peut être asymptomatique et un prélèvement mal
manipulé peut donner un résultat faussement bas.

Faut-il
prendre systématiquement de la vitamine C ?

Non. Une alimentation diversifiée couvre habituellement les besoins.
La supplémentation est indiquée lorsqu’une carence ou un scorbut est
suspecté ou confirmé, avec un schéma adapté au contexte médical.


Encadré
éditorial — Ce que l’on sait, ce que l’on soupçonne

Démontré : le scorbut existe encore ; il touche
préférentiellement des personnes vulnérables ; la correction de la
carence entraîne généralement une amélioration rapide.

Probable : les cas hospitaliers pédiatriques ont
augmenté depuis la fin des années 2010 et après la pandémie.

Plausible mais non causalement démontré :
l’inflation, l’insécurité alimentaire, l’isolement et les ruptures de
prise en charge contribuent à cette augmentation.

Inconnu : incidence réelle du scorbut clinique dans
la population française, part exacte du sous-diagnostic et efficacité
comparative des stratégies de dépistage.


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Transparence méthodologique

Cet article est une synthèse narrative structurée, et non une revue
systématique originale. Les sources ont été hiérarchisées en
privilégiant les revues systématiques, les grandes bases hospitalières,
les travaux français et les documents institutionnels. Les cas cliniques
ont été utilisés pour décrire les présentations et les erreurs
diagnostiques, non pour estimer une fréquence. Les résultats fondés sur
le codage médico-administratif sont explicitement distingués des cas
validés cliniquement et biologiquement. Aucun conflit d’intérêts
commercial relatif à la vitamine C ou aux compléments alimentaires n’est
déclaré.

Avertissement : ce contenu fournit une information
scientifique générale. Il ne remplace pas une évaluation médicale
individuelle. Un purpura, un saignement inhabituel, une altération
importante de l’état général ou un refus de marcher chez l’enfant
justifie un avis médical rapide.

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