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Café, caféine et acides chlorogéniques : que peut-on réellement attendre de la tasse quotidienne ?

Réponse courte

Chez la plupart des adultes en bonne santé, le café peut s’intégrer à
une alimentation équilibrée. Les cohortes associent généralement une
consommation modérée — souvent autour de 2 à 4 tasses par jour — à moins
de diabète de type 2, de maladies hépatiques et de mortalité, sans
démontrer que le café en est la cause. Les essais établissent surtout
des effets immédiats de la caféine sur l’éveil, le sommeil et,
modestement, la pression artérielle. Le café non filtré peut en outre
augmenter le LDL-cholestérol. Le choix de la préparation, de l’heure et
de la dose compte donc davantage qu’une promesse vague d’« antioxydants
».

En bref

  • Le café n’est pas un simple véhicule de caféine : il apporte aussi
    des acides chlorogéniques, de la trigonelline, des mélanoïdines et,
    selon la préparation, des diterpènes. Niveau D
  • Les associations les plus cohérentes à long terme concernent le
    diabète de type 2, certaines maladies du foie et la mortalité globale.
    Elles restent observationnelles et ne prouvent pas un effet préventif.
    Niveau B
  • La caféine améliore transitoirement la vigilance, mais peut retarder
    l’endormissement et réduire la durée du sommeil. Niveau
    A
  • À forte dose ou chez les personnes sensibles, elle peut provoquer
    nervosité, tremblements, palpitations ou une petite hausse tensionnelle.
    Niveau A–B
  • Les cafés riches en cafestol et kahweol — notamment les préparations
    non filtrées sur papier — peuvent augmenter le cholestérol total et le
    LDL. Niveau A
  • Le papier filtre retient une grande partie de ces diterpènes : pour
    une consommation régulière, il constitue le choix le plus prudent
    lorsque le LDL est élevé. Niveau A–B
  • Pour un adulte sain, l’EFSA considère qu’une prise isolée jusqu’à
    200 mg et un total jusqu’à 400 mg de caféine par jour ne soulèvent
    généralement pas de problème de sécurité. Pendant la grossesse, le
    plafond est de 200 mg par jour, toutes sources confondues.
    Niveau A

Un fruit
tropical devenu boisson de conservation

Le « grain » de café est en réalité la graine du fruit du caféier.
Après récolte, dépulpage, séchage puis torréfaction, il devient un
produit stable, disponible toute l’année. Cette disponibilité ne
signifie pas que toutes les tasses se ressemblent : l’espèce botanique,
l’origine, la torréfaction, la mouture, le rapport eau-café et la
méthode d’extraction modifient fortement la concentration en caféine et
en composés phénoliques.

Deux espèces dominent le marché : Coffea arabica,
généralement moins caféiné, et Coffea canephora (robusta),
souvent plus riche en caféine. Une « tasse » n’est donc pas une unité
scientifique reproductible. À titre indicatif, l’EFSA estime qu’un café
filtre de 200 mL apporte environ 90 mg de caféine, mais la quantité
réelle peut varier largement selon le produit et la
préparation.[1,2]

Que contient une tasse de café
?

Constituants Rôle ou intérêt étudié Ce qu’il faut retenir
Caféine Antagoniste des récepteurs de l’adénosine ; vigilance, fatigue,
performance, sommeil
Effets rapides et bien établis, mais très variables selon la dose et
la sensibilité individuelle
Acides chlorogéniques Famille d’acides caféoylquiniques et apparentés ; métabolisme par
l’intestin, le foie et le microbiote
Intérêt mécanistique plausible ; pas une preuve clinique
autonome
Trigonelline Alcaloïde transformé en partie pendant la torréfaction Données humaines encore limitées
Mélanoïdines Produits complexes de la réaction de Maillard formés à la
torréfaction
Activités observées en laboratoire ; biodisponibilité et portée
clinique incertaines
Cafestol et kahweol Diterpènes liposolubles du grain Peu présents dans le café filtré sur papier ; peuvent augmenter le
LDL lorsqu’ils sont consommés régulièrement en quantité
Minéraux et macronutriments Quantités modestes dans la boisson Un café noir apporte très peu d’énergie ; sucre, sirops et crème
peuvent changer complètement son profil nutritionnel

Le terme « antioxydant » est souvent employé comme raccourci
commercial. Mesurer la capacité antioxydante d’un extrait de café dans
un tube ne permet pas de conclure qu’une tasse « neutralise le stress
oxydatif » dans l’organisme. Les acides chlorogéniques sont absorbés et
transformés en de nombreux métabolites, avec une forte variabilité entre
individus ; une fraction atteint le côlon et interagit avec le
microbiote.[3,4] Niveau D

Mécanismes
biologiques : ce qui est plausible

1. La
caféine bloque le signal de fatigue de l’adénosine

La caféine traverse rapidement la barrière hémato-encéphalique et
bloque principalement les récepteurs A1 et A2A de l’adénosine. Elle
réduit ainsi temporairement la sensation de somnolence et peut améliorer
l’attention. Ce mécanisme explique aussi une partie des effets
indésirables : agitation, difficulté d’endormissement, tremblements ou
palpitations chez les sujets sensibles. Niveau D pour le
mécanisme ; niveau A pour les effets physiologiques aigus.

La vitesse d’élimination dépend notamment de l’enzyme hépatique
CYP1A2, mais aussi de la grossesse, du tabagisme, de certains
médicaments et de facteurs individuels. La demi-vie est souvent de
plusieurs heures : une tasse de fin d’après-midi peut encore influencer
le sommeil du soir.

2.
Les acides chlorogéniques deviennent de multiples métabolites

Les acides chlorogéniques ne circulent pas tels quels en grande
quantité pendant des heures. Ils sont hydrolysés puis conjugués, et
leurs métabolites peuvent agir sur la signalisation cellulaire, le
métabolisme du glucose, la fonction endothéliale ou l’inflammation. Ces
voies sont biologiquement intéressantes, mais elles proviennent surtout
d’études de métabolisme, de modèles cellulaires et animaux. Elles ne
suffisent pas à attribuer aux « antioxydants du café » les associations
observées dans les cohortes. Niveau D

3. Cafestol,
kahweol et métabolisme du cholestérol

Les diterpènes cafestol et kahweol modulent des voies hépatiques
impliquées dans la synthèse des acides biliaires et la régulation du
cholestérol. Lorsque la préparation laisse passer ces molécules — café
bouilli, turc, à piston, et dans une moindre mesure certaines
préparations expresso ou moka — une consommation répétée peut augmenter
le cholestérol total et le LDL. Le papier filtre en retient une grande
partie. Niveau D pour le mécanisme ; niveau A pour l’effet
lipidique mesuré.

4. La torréfaction détruit et
crée

La chaleur réduit une partie des acides chlorogéniques et transforme
la trigonelline, tout en produisant des mélanoïdines et des centaines de
composés aromatiques. La caféine est relativement stable. Il est donc
trompeur d’affirmer qu’une torréfaction claire ou foncée serait
globalement « plus saine » : le profil change, mais aucune supériorité
clinique générale n’est établie. Niveau D–E

Données
précliniques : utiles pour formuler des hypothèses

Dans des cellules ou chez l’animal, la caféine, les acides
chlorogéniques, la trigonelline, le cafestol, le kahweol et les
mélanoïdines peuvent modifier des voies liées au stress oxydant, à
l’inflammation, à la sensibilité à l’insuline, au métabolisme lipidique
ou à l’autophagie. Ces modèles utilisent parfois des molécules isolées
ou des concentrations difficiles à atteindre avec une consommation
alimentaire.

Ils éclairent la plausibilité biologique, mais ne permettent ni de
prescrire une quantité de café, ni de promettre une prévention du
diabète, du cancer, d’une maladie du foie ou d’une maladie
neurodégénérative. Niveau E pour une extrapolation directe à la
santé humaine.

Données
observationnelles : des associations cohérentes, pas une preuve de
causalité

L’analyse parapluie publiée dans le BMJ en 2017 a regroupé
201 méta-analyses d’études observationnelles portant sur 67 résultats de
santé, ainsi que 17 méta-analyses d’études interventionnelles. Le café y
était plus souvent associé à un bénéfice qu’à un dommage ; pour
plusieurs critères, les associations les plus favorables se situaient
autour de trois à quatre tasses par jour.[5]

Les résultats sont particulièrement cohérents pour le diabète de type
2. Une méta-analyse de 28 cohortes, totalisant plus de 1,1 million de
participants et 45 335 cas, observait une relation dose-réponse inverse
avec le café caféiné comme décaféiné.[6] Le fait que le décaféiné aille
dans le même sens suggère que la caféine n’explique pas tout. Il ne
supprime cependant ni la confusion résiduelle, ni les erreurs de mesure,
ni la possibilité que des signes précoces de maladie modifient la
consommation.

Pour le foie, une méta-analyse de cohortes prospectives associait
chaque tasse quotidienne supplémentaire à un risque relatif plus faible
de carcinome hépatocellulaire et de maladie chronique du foie.[7] Là
encore, il s’agit d’une association. Le café ne remplace ni le
dépistage, ni la vaccination contre l’hépatite B, ni la réduction de
l’alcool, ni la prise en charge du poids ou d’une hépatite virale.

Conclusion observationnelle : les signaux sont assez
cohérents pour rassurer sur une consommation modérée chez la plupart des
adultes, mais insuffisants pour recommander de commencer à boire du café
dans le but de prévenir une maladie. Niveau B pour l’association
; niveau E pour une promesse causale.

Essais chez
l’humain : les effets réellement testés

Vigilance et sommeil

Les effets éveillants de la caféine sont robustes. Leur revers est
tout aussi documenté. Une méta-analyse de 24 études comprenant 37
comparaisons et 340 participants a estimé qu’une prise de caféine
réduisait en moyenne le sommeil total d’environ 45 minutes, diminuait
son efficacité de 7 points et augmentait le délai d’endormissement
d’environ 9 minutes.[8] La dose, l’heure, l’habituation et le
métabolisme individuel modifient fortement l’effet.

Dans un essai croisé randomisé chez 100 adultes suivis en vie réelle,
les jours assignés au café s’accompagnaient d’environ 36 minutes de
sommeil en moins, de davantage de pas, et de plus d’extrasystoles
ventriculaires, sans augmentation significative des extrasystoles
atriales.[9] L’étude était brève et ne répond pas à la question du
risque cardiovasculaire à long terme.

Pression artérielle

La caféine peut augmenter transitoirement la pression artérielle. Une
méta-analyse d’essais de supplémentation en caféine a trouvé une hausse
moyenne modeste — environ 1,9 mmHg pour la pression systolique et 1,7
mmHg pour la diastolique — avec des effets plus marqués aux doses
élevées.[10] Ces essais de caféine isolée ne sont pas parfaitement
transposables au café, et une tolérance partielle peut apparaître chez
les consommateurs réguliers. Niveau A–B

Cholestérol

Une méta-analyse de 12 essais randomisés, 1 017 participants et une
durée moyenne de 45 jours a observé une hausse moyenne du cholestérol
total d’environ 8 mg/dL, du LDL d’environ 5 mg/dL et des triglycérides
d’environ 13 mg/dL avec le café, les effets étant plus nets avec les
préparations non filtrées et les doses élevées.[11] Pour une personne
ayant un LDL élevé, remplacer le café à piston, turc ou bouilli par un
café filtré sur papier est une mesure simple et réaliste. Niveau
A

Glycémie et prévention

Les essais aigus peuvent montrer une diminution transitoire de la
sensibilité à l’insuline avec la caféine, alors que les cohortes de long
terme associent le café, y compris décaféiné, à moins de diabète de type
2. Cette apparente contradiction illustre les différences entre une
substance isolée, une exposition brève et une habitude alimentaire sur
plusieurs années. Aucun essai clinique n’établit que boire du café
prévient le diabète chez une personne donnée. Niveau B pour
l’association ; niveau E pour la prévention causale.

Tableau des preuves humaines

Source Population et plan Exposition ou intervention Résultat principal Limites Niveau
Poole et al., 2017[5] Revue parapluie : 201 méta-analyses observationnelles et 17
interventionnelles
Consommation de café Plus d’associations favorables que défavorables ; optimum apparent
souvent autour de 3–4 tasses/j
Hétérogénéité, confusion, causalité non démontrée B
Ding et al., 2014[6] 28 cohortes ; 1 109 272 participants, 45 335 diabètes Café caféiné et décaféiné Association inverse dose-réponse avec le diabète de type 2 Auto-déclaration, confusion résiduelle, pas un essai B
Bravi et al., 2017[7] Méta-analyse de cohortes prospectives ; 12 études sur le carcinome
hépatocellulaire, 6 sur les maladies chroniques du foie
Consommation habituelle Association inverse avec les deux critères Nombre limité d’études, populations et définitions variables B
Gardiner et al., 2023[8] Méta-analyse de 24 études ; 37 comparaisons, 340 participants Caféine avant une période de sommeil Sommeil total −45 min en moyenne ; efficacité −7 points Protocoles et doses variables ; petits échantillons A
Marcus et al., 2023[9] Essai croisé randomisé, 100 adultes en vie réelle Jours avec café vs sans caféine Sommeil −36 min ; pas +1 058 ; extrasystoles ventriculaires plus
fréquentes
Court, faible effectif, critères intermédiaires B
Abbas-Hashemi et al., 2023[10] Méta-analyse de 8 essais de supplémentation Caféine Pression systolique +1,94 mmHg ; diastolique +1,66 mmHg Caféine isolée, pas nécessairement café ; hétérogénéité A–B
Cai et al., 2012[11] 12 essais randomisés, 1 017 participants, durée moyenne 45
jours
Café, filtré ou non selon les essais Cholestérol total, LDL et triglycérides légèrement augmentés ; effet
plus fort sans filtre
Essais courts et anciens ; préparations variées A
CIRC/IARC, 2016–2018[12] Évaluation de plus de 1 000 études Café et boissons très chaudes Café non classable quant à sa cancérogénicité ; boissons >65 °C
classées probablement cancérogènes
Évaluation d’un danger, pas estimation individuelle du risque A pour la synthèse institutionnelle

Synthèses :
ce que l’ensemble des données permet de dire

Mortalité et maladies
chroniques

Les synthèses observationnelles associent régulièrement la
consommation modérée de café à une mortalité globale plus faible et à
moins de diabète de type 2 ou de maladies hépatiques. La cohérence, la
dose-réponse et les résultats observés avec le décaféiné renforcent
l’intérêt du signal, sans éliminer les biais. Niveau
B

Cancer

Après examen de plus de 1 000 études, le Centre international de
recherche sur le cancer a classé le café comme « inclassable quant à sa
cancérogénicité pour l’être humain » (groupe 3), faute de preuve
suffisante d’un effet cancérogène global. Cela ne signifie ni «
protecteur contre tous les cancers », ni « risque nul ». Le CIRC
distingue surtout la boisson de sa température : boire régulièrement des
liquides à plus de 65 °C est classé probablement cancérogène pour
l’œsophage. Laisser refroidir est donc une précaution raisonnable.[12]
Niveau A pour l’évaluation ; niveau B pour l’association avec
certains cancers ; niveau E pour une promesse anticancer.

Santé cardiovasculaire

Le tableau est nuancé : les cohortes ne montrent pas d’augmentation
globale du risque cardiovasculaire avec une consommation modérée et
suggèrent parfois une association favorable, mais la caféine peut
augmenter brièvement la pression et les diterpènes du café non filtré
augmentent le LDL. La préparation et la sensibilité individuelle
comptent davantage qu’une formule universelle. Niveau
B

Cuisson,
torréfaction et transformation : ce qui change vraiment

Forme Caféine Acides chlorogéniques Diterpènes Lecture pratique
Filtre papier Variable Présents Très réduits par le filtre Option prudente pour un usage quotidien, surtout si LDL élevé
Piston, turc ou bouilli Variable Présents Plus élevés À limiter ou alterner si hypercholestérolémie
Expresso / moka Concentré par volume, mais petite portion Présents, profil variable Davantage qu’avec filtre papier, moins d’exposition selon volume et
fréquence
Compter le nombre de prises et la taille réelle
Décaféiné Faible, mais non nul Une partie est conservée Dépend de la préparation Utile si sommeil, grossesse ou sensibilité à la caféine
Soluble Variable Variable selon procédé Généralement bas Lire la portion et éviter les mélanges très sucrés
Boisson glacée ou prête à boire Très variable Variable Variable Vérifier caféine, sucres ajoutés et volume de la bouteille

Une torréfaction plus foncée diminue généralement davantage certains
acides chlorogéniques, mais produit aussi d’autres molécules. Aucun
degré de torréfaction ne peut être présenté comme supérieur pour la
santé sur la base d’essais cliniques. Le principal levier vérifiable
reste la méthode de filtration, suivi de la dose de caféine et des
ajouts. Niveau A–B pour la filtration ; D–E pour la supériorité
d’une torréfaction.

Quelle quantité est réaliste
?

Il n’existe pas de dose optimale universelle. Pour un adulte sain qui
apprécie le café, une pratique raisonnable consiste à :

  1. viser le plus souvent 1 à 3 tasses standards et
    ajuster selon la teneur réelle, le sommeil et les symptômes ;
  2. rester sous 400 mg de caféine par jour, toutes
    sources confondues, et sous 200 mg en une prise ;
  3. choisir de préférence un café filtré sur papier si
    la consommation est quotidienne ou si le LDL est élevé ;
  4. éviter la caféine dans les 6 à 9 heures précédant le
    coucher
    si le sommeil est fragile ;
  5. compter aussi le thé, les boissons énergisantes, le maté, le cola,
    le chocolat et certains compléments ;
  6. ne pas « compenser » une dette de sommeil par des prises répétées
    tardives.

Ces repères ne sont pas une invitation à commencer le café. Une
personne qui n’en boit pas n’a pas besoin de s’y mettre pour obtenir les
bénéfices associés dans les cohortes.

Précautions et profils
sensibles

  • Grossesse et allaitement : ne pas dépasser 200 mg
    de caféine par jour pendant la grossesse, toutes sources confondues. Une
    tasse servie en café peut contenir bien plus ou bien moins que prévu. En
    cas d’allaitement, observer aussi l’irritabilité et le sommeil du
    nourrisson et demander un avis professionnel si nécessaire.[1]
  • Troubles du sommeil : réduire la dose, avancer la
    dernière prise ou choisir du décaféiné. Même 100 mg près du coucher
    peuvent affecter certaines personnes.[1,8]
  • Hypertension : la réponse aiguë varie. Mesurer la
    pression dans des conditions standardisées et discuter des habitudes
    avec le professionnel qui suit l’hypertension.
  • Palpitations ou arythmie connue : le café n’est pas
    systématiquement interdit, mais des symptômes reproductibles justifient
    de diminuer la dose et de consulter. Un essai bref ne permet pas
    d’exclure un risque individuel.[9]
  • Anxiété, tremblements, reflux ou migraines : la
    tolérance est très individuelle. Le décaféiné peut conserver
    l’expérience gustative tout en réduisant l’exposition.
  • Hypercholestérolémie : privilégier le filtre papier
    et limiter les cafés non filtrés répétés.[11]
  • Médicaments ou maladie hépatique : certains
    traitements ralentissent l’élimination de la caféine. En cas de
    symptômes inhabituels ou de traitement sensible, demander conseil au
    pharmacien ou au médecin.
  • Enfants et adolescents : les boissons caféinées ne
    sont pas banales ; la dose rapportée au poids et l’effet sur le sommeil
    doivent être pris en compte.
  • Sevrage : un arrêt brutal après consommation
    régulière peut provoquer céphalées, fatigue et irritabilité pendant
    quelques jours. Une réduction progressive est souvent plus
    confortable.

Hiérarchie des
affirmations importantes

Affirmation Classe Pourquoi
La caféine améliore transitoirement la vigilance et peut perturber
le sommeil
A Mécanisme établi, essais contrôlés et méta-analyse concordants
Le café non filtré peut augmenter le LDL-cholestérol A Essais randomisés et relation avec les diterpènes
Jusqu’à 400 mg/j de caféine ne soulève généralement pas de problème
de sécurité chez l’adulte sain ; 200 mg/j pendant la grossesse
A Évaluation officielle de l’EFSA
Une consommation modérée est associée à moins de diabète de type 2,
de maladies du foie et de mortalité
B Cohortes nombreuses et synthèses cohérentes, mais confusion
possible
Le café protège directement contre ces maladies E La causalité n’est pas établie par des essais de prévention
Les acides chlorogéniques peuvent agir via leurs métabolites et le
microbiote
D Plausibilité métabolique, sans validation clinique spécifique
Une torréfaction donnée est globalement meilleure pour la santé E Absence d’essais cliniques comparatifs pertinents
Boire le café très chaud est sans importance E Le risque lié aux boissons >65 °C justifie d’éviter cette
habitude

Conclusion

Le café illustre bien la différence entre une molécule, une boisson
et une habitude de vie. Ses acides chlorogéniques et autres composés
offrent des mécanismes plausibles ; ses associations épidémiologiques
sont globalement rassurantes, parfois favorables ; mais les effets les
plus certains à l’échelle individuelle restent ceux de la caféine sur
l’éveil et le sommeil, ainsi que ceux des diterpènes sur le LDL.

Pour un usage quotidien, les choix les plus défendables sont simples
: dose modérée, café filtré sur papier si le cholestérol est une
préoccupation, dernière prise suffisamment tôt, peu d’ajouts sucrés, et
boisson laissée à une température confortable. Le café peut être un
plaisir compatible avec la santé ; ce n’est ni un médicament préventif,
ni un bouclier antioxydant.

FAQ

Le café décaféiné
conserve-t-il un intérêt ?

Oui. Il contient beaucoup moins de caféine, mais conserve une partie
des acides chlorogéniques et autres constituants. Les cohortes observent
aussi une association inverse entre décaféiné et diabète de type 2, sans
prouver un effet causal. Niveau B

Le
café filtre est-il vraiment préférable au café à piston ?

Pour une consommation régulière, surtout en cas de LDL élevé, oui :
le papier filtre retient une grande partie du cafestol et du kahweol. Un
café à piston occasionnel ne constitue pas le même niveau d’exposition
qu’une consommation répétée de plusieurs grandes tasses. Niveau
A–B

Trois
ou quatre tasses par jour sont-elles une recommandation ?

Non. C’est la zone où plusieurs cohortes observent les associations
les plus favorables, pas une prescription. La teneur en caféine, la
taille des tasses, le sommeil, la grossesse et la tolérance individuelle
priment.

Le café déshydrate-t-il ?

Aux quantités usuelles, la boisson contribue aux apports hydriques.
La caféine peut avoir un effet diurétique modeste, surtout chez une
personne peu habituée, mais une consommation modérée ne provoque
généralement pas une déshydratation nette chez l’adulte sain.

Le café est-il mauvais
pour le cœur ?

Pas de manière générale aux doses modérées. La caféine peut augmenter
brièvement la pression ou déclencher des palpitations chez certaines
personnes, et le café non filtré peut augmenter le LDL. Les symptômes
reproductibles et les maladies connues imposent une adaptation
individuelle.

Combien de
temps avant le coucher faut-il arrêter ?

Il n’existe pas d’heure universelle. Chez une personne sensible,
arrêter 6 à 9 heures avant le coucher est un repère prudent. Le
décaféiné peut être choisi plus tard dans la journée.

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