Rappel : mécanisme du finastéride
Le finastéride est un inhibiteur spécifique de la 5α-réductase de type II, et partiellement de type III.
Cette enzyme convertit :
- la testostérone → DHT,
- la progestérone → 5α-dihydroprogestérone, précurseur de l’alloprégnanolone,
- la déhydroépiandrostérone (DHEA) → 5α-réduits, utilisés dans plusieurs voies neurostéroïdiennes.
Le finastéride inhibe donc des voies androgéniques et neurostéroïdiennes.
Impact du finastéride sur les voies métaboliques stéroïdiennes
Sur la voie testostérone → DHT
Le finastéride réduit :
- la production périphérique de DHT de ~60–70 %,
- la production cérébrale de DHT (5α-réductase est présente dans hippocampe, cortex, amygdale).
Conséquence :
Moins de DHT → moins de 3α-androstanediol → baisse de la modulation GABA_A et de l’activation ERβ via 3β-androstanediol.
Sur la voie progestérone → alloprégnanolone
C’est l’effet neurobiologique majeur du finastéride dans le cerveau.
Sans finastéride
Progestérone
↓ 5α-réductase
5α-dihydroprogestérone
↓ 3α-HSD
Alloprégnanolone (modulateur GABA_A puissant)
Avec finastéride
Inhibition de la 5α-réduction → blocage de la synthèse d’alloprégnanolone.
Conséquences :
- baisse de l’inhibition GABAergique,
- augmentation de l’excitabilité neuronale,
- vulnérabilité accrue au stress,
- effets anxieux / dysphoriques chez certaines personnes sensibles.
Des études ont démontré une chute significative d’alloprégnanolone dans le LCR après finastéride.
Sur les neurostéroïdes dérivés de la DHEA
Le finastéride diminue également :
- la DHEA 5α-réduite,
- l’androstérone,
- l’épiandrostérone,
→ plusieurs de ces molécules sont aussi modulateurs GABA_A ou agonistes ERβ.
Conséquences fonctionnelles dans le cerveau
Sur l’humeur
Baisse de :
- alloprégnanolone
- 3α-androstanediol
= diminution de la modulation GABA_A → anxiété, irritabilité, dysphorie chez une fraction de patients.
Ce mécanisme est similaire à celui observé :
- dans la dysphorie prémenstruelle,
- dans certains états de sevrage,
- dans les troubles liés au stress.
Sur la cognition
La DHT et les œstrogènes dérivés de testostérone participent à la plasticité hippocampique.
→ La baisse de DHT peut réduire :
- la neurogenèse,
- la plasticité synaptique,
- la mémoire spatiale (effets modestes mais documentés chez l’animal).
Sur la sexualité
La baisse de DHT cérébrale influence :
- motivation sexuelle,
- sensibilité du système limbique,
- réponse aux stimuli érotiques.
Le syndrome post-finastéride (SPF)
Non reconnu universellement mais étudié.
Les données montrent que, chez des sous-groupes sensibles, l’inhibition chronique des neurostéroïdes peut conduire à :
- baisse persistante d’alloprégnanolone,
- altérations de la signalisation GABA_A,
- changements épigénétiques dans les gènes des récepteurs GABA.
Ces modifications pourraient expliquer des symptômes durables chez quelques utilisateurs.
Conclusion
Le finastéride a un impact majeur sur ces voies.
Il agit non seulement sur la DHT, mais aussi sur toute une famille de neurostéroïdes impliqués dans la régulation du stress, de l’humeur, de la sexualité, et de la plasticité neuronale.
Son action sur la 5α-réductase touche :
- la transformation testostérone → DHT,
- la production d’alloprégnanolone,
- la production de 3α-androstanediol et autres neurostéroïdes GABAergiques.
Les conséquences varient selon les individus, avec une sensibilité neurobiologique très hétérogène.
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